Compte rendu de la réunion du 16 janvier 2007 à la Classerie.
Etaient présents : 4 Es2, 2As, 1Es3, 2Es2app
Ordre du jour
1. Rémunération des stagiaires
2. Le droit au logement opposable, les Don quichotte
3. Débat : Dans quelles mesures le processus de normalisation s’opère-t-il dans le travail social ?
4. Loi de prévention de la délinquance
1. Une nouvelle loi permettrait la rémunération des stagiaires à hauteur de 360euros par mois pour une période de stages de 3 mois consécutifs. La directrice de l’Enso s’oppose à ce projet en voulant séparer les semaines de stage. Forcément, les A.S ne sont pas contents parce que 360 euros par mois c’est quand même ça… Florian inscrit une question sur le blog, il faut s’informer et trouver cette nouvelle loi sur le web…à suivre…
2. Echanges d’infos sur les « don quichotte ». A Nantes, les tentes sont Place Royale, Marie a essayé de rencontrer un des représentants, il était débordé, c’est un peu le bordel apparemment (pas de lisibilité de revendications ou d’infos envers les passants). Selon certains, ce débat pour un droit au logement opposable est démagogique puisque le droit au logement existe déjà.
3. Le débat portait sur la normalisation dans le travail social. S’appuie-t-on sur la norme ou la Loi ? et bien les deux puisque le travailleur social amène « l’usager » à s’insérer socialement. Nous étions d’accord sur ce point mais le travail social ne peut se limiter à cette mission. En effet, il ne s’agit pas uniquement que le rmiste renouvelle son R.M.I, que le jeune « délinquant » décroche son apprentissage, que la personne handicapée puisse prendre le tramway…Nous avons abordé cette « marge de main d’œuvre » que nous pensons avoir aujourd’hui sur nos lieux d’emplois ou de stages et qui permet de donner une autre dimension au travail social. Cela dit, cette marge de main d’œuvre nous semble de plus en plus réduite. D’une part puisque nous sommes dans l’ère de « l’ingénierie du travail social » (essayez de proposer une sortie à la plage sans devoir écrire un projet de 5 pages à votre directeur…) et d’autre part, qu’on le veuille ou non le travail social est un terrain politique mou du genou. Nous étions assez d’accord pour dire qu’en théorie l’étudiant en travail social est un super rebel qui s’oppose à la Loi et qui se pose des questions sur cette société néolibérale, d’ailleurs, il le formule régulièrement lors de ses cours préférés : « ça me pose question… »Mais à part ça… il paraîtrait qu’il y a de moins en moins d’engagement dans nos formations et que le fait de prendre un moment pour se demander par exemple: « est ce qu’en payant des travailleurs sociaux on achète pas un peu de paix sociale ? » ça en fait bondir plus d’un(e) et qu’on passe vite pour la gocho relou de service. Ce problème d’engagement à porter un débat : à qui la faute ? Pour certains il y a un manque de la part de nos formations et apparemment surtout du côté de l’Enso, pour d’autres, le problème c’est surtout les étudiants qui disent de plus en plus souvent : « je peux pas j’ai mon dossier truc à faire… » Il y en a qui disent aussi qu’avec la masse de boulot qu’on a, on ne peut pas s’engager concrètement… (pour certains c’est fait exprès, c’est du complot…). Dans tous les cas, on ne peut pas accepter ce discours individualiste du « engagez-vous chacun pour vous après le boulot, quand vous aurez le temps» parce que ce discours met fin à l’idée d’un engagement collectif. Ce qui nous semble évident c’est que l’on n’a pas choisit une formation dans le travail social pour être uniquement des « redresseurs » de délinquants ou des « intégrateurs » d’exclus. Ce qui caractérise nos métiers et qui nous donne la banane le matin avant d’aller bosser, c’est donc cette « marge de main d’œuvre » qui fait qu’on s’intéresse d’abord à une personne avant de s’intéresser à un projet et qu’en travaillant auprès de populations exclus et bien on peut aussi témoigner, échanger et revendiquer sur « l’état » d’une société et des liens sociaux que l’on observe au quotidien. C’est aussi pour ça qu’on se retrouve de temps en temps et qu’il nous semble important de s’informer sur le devenir de nos professions. Une A.S rapportait que dans les années 70 les A.S étaient perçus comme « la classe bourgeoise qui tape sur la classe ouvrière »….Elle rapportait aussi qu’aujourd’hui, le temps imparti pour les entretiens pour un renouvellement de R.M.I doivent être de plus en plus court. On a pu apprendre qu’en octobre 2006, 68 A.S de la fonction territoriale travaillant au Conseil régional du Puy de Dôme ont été menacé d’être mis à pied avec suspension de salaire pour une durée d’un jour (avec inscription de la sanction dans le dossier administratif pendant 3 ans). Motif de la sanction annoncée : ils ont refusé, collectivement et conformément à leur code de déontologie, de rentrer informatiquement des données individuelles à caractère sociales… Ca aussi « ça pose question » quand on connaît la loi de prévention de la délinquance de N. Sarkozy…
4. Il a été décidé que pour la prochaine réunion du 06 février à la Classerie, chacun(e) d’entre nous rapporterait un des 9 chapitres de la loi de prévention de la délinquance afin d’en présenter un résumé à l’assemblée…
Ce serait bien que des gens profitent du bleueueug pour dire ce qu’ils en pensent.
D’ici là, portez-vous bien…
Matthieu.
